La mort a ses reliques (que la raison n’ignore pas)

juin 27, 2011 by

Kozmic Blues – Janis Joplin, posted with vodpod

Je suis toujours surpris quand je tombe sur quelqu’un qui n’a pas lu Harry Potter.

Non pas que ce soit une œuvre littéraire majeure, absolument nécessaire à l’édification d’un honnête homme. Mais c’est une série qui m’a apporté un plaisir infini, que j’ai lue et relue un nombre incalculable de fois. A mes yeux, ce sont des livres d’une richesse immense et qui, en termes de parcours initiatique, feraient passer n’importe quel ouvrage maçonnique pour une aventure du Club des 5.

Ainsi, il y a dans Harry Potter un concept que j’aime tout particulièrement, c’est celui des Sombrals.

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Sisyphe Got His Board

juin 22, 2011 by

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Acrobat – U2, posted with vodpod

Le nouveau Sisyphe pourrait être un surfeur qui attend la vague. Il supporte l’attente par le souvenir de l’excitation et des sensations passées. Il guette le frémissement à la surface de l’eau trop calme, qui annoncera le rouleau. Et avec lui l’adrénaline, le risque, la mise en danger, les tumultes à dompter. Et l’harmonie…. Harmonie provisoire, car elle n’existe qu’en mode alternatif, au gré de la répétition des rouleaux. Ce serait un Sisyphe condamné volontaire certes, mais je ne pense pas que cette nuance change grand-chose à l’affaire.

Un jour, lors d’un déjeuner houleux, alors que la discussion (et notre relation) étaient en train de dérailler, elle m’a jeté au visage un « de toute façon, dans 6 mois tu en seras toujours au même point ». Ca m’a profondément vexé, j’ai protesté et je me suis énervé. Au même point, pour elle, ça voulait seulement dire que je continuerai de détourner le regard de l’inertie de ma vie, pour m’enivrer de relations amoureuses sans cesse renouvelées. Aujourd’hui donc, 6 mois sont passés et mon sourire, à l’évocation de ce souvenir, est teinté d’une certaine amertume.

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Rock and Soul Music (are you experienced ?)

juin 20, 2011 by

L’autre jour, en farfouillant dans les archives de ce grandissime blog de musique, je suis tombé sur une jolie madeleine, l’hommage délirant de quelques brillants dessinateurs à une chanson inclassable de Roxy Music.

In Every Dream Home a Heartache – Roxy Music, posted with vodpod

Une fois passé le spleen sur ma jeunesse enfuie, je suis quand même resté bluffé par le culot et le talent déployés dans ce genre d’exercice. Et au-delà, je me suis interrogé sur ce qui faisait la qualité, la force et, allons y, la grandeur de l’hommage qu’un artiste peut rendre à un autre. Bon, je n’ai aucune prétention de répondre de façon universelle à cette question (j’ai passé l’âge de l’exercice scolaire). Mais j’ai aussitôt quelques musiques qui me sont venues en tête…

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Like a Rolling Stone

juin 14, 2011 by

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Ce matin dans le métro, je flottais. Cela tient sûrement à la musique que j’écoutais à ce moment là. Et aussi, un peu au fait que je rentrais chez moi après une nuit blanche au boulot. Je flottais toujours en passant le seuil de la porte. J’ai pensé à Nicolas Rey et me suis félicité d’être rentré avant le lever des enfants. Mais quand même à la tête de ma femme, j’ai compris assez vite que c’était peut être la fois de trop, ou en tout cas qu’elle venait trop rapidement après la précédente. Quoi qu’il en soit, la soirée promet d’être délicieuse. J’aurai mauvaise grâce de m’en plaindre ou de lui en vouloir.

C’est vrai que j’ai un certain talent pour me mettre dans des situations impossibles. A force de faire l’autruche, à force de m’en foutre surtout, jusqu’au moment où je n’ai plus le choix, où une vague idée des conséquences de mes actes me rattrape. Pas longtemps, j’ai toujours beaucoup mieux à faire, à penser, à rêver, à imaginer ce que ma vie pourrait être. Au final, je finis quand même par faire à peu près ce que j’ai à faire, même pas bien torché. Mais je ne rentre pas chez moi. Je tire sur la corde au maximum, et au final ma variable d’ajustement c’est ça…

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Sang Froid

juin 10, 2011 by

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Il y a quelques semaines de cela, une blogueuse que j’aime beaucoup me disait qu’elle m’enviait la liberté que m’offrait mon anonymat. C’est vrai qu’il me permet d’écrire à peu prêt tout ce que je veux, je peux tout raconter ici même sans craindre de réelles conséquences sur ma vie. Mais au-delà de ce confort d’écriture, c’est un peu la clé de voute de ce blog. Le jour où le masque de Sam Lowry tombera, le blog disparaîtra de facto. Je n’aimerai pas que les choses se terminent ainsi, et je pense que cela générerait une grande frustration chez moi. Je suis donc vigilant, doublement vigilant en fait, pour préserver ma vie d’une part, et tous ces textes que je n’ai pas envie de voir disparaître dans les limbes, d’autre part.

Je suis d’une nature plutôt prudente à la base, assez méfiante même, avec une légère tendance à la paranoïa. Pas sans raison, je pense. Et en l’occurrence, mes peurs se nourrissent aussi du réel, du vécu. Parce qu’il est déjà arrivé, une fois, que je me fasse démasquer, qu’un lecteur me reconnaisse, en recollant les petits bouts de moi-même avec lesquels j’ai parsemé ce journal intime, ouvert aux regards virtuels de parfaits inconnus.

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Au bout des doigts

juin 6, 2011 by

Contes Immoraux – W. Borowczyk, posted with vodpod

C’est assez étrange, mais quand je pense à elle, c’est le souvenir de sa peau qui me revient en premier. Pourtant, je pourrai me rappeler aussi bien son sourire, ses yeux, son corps, sa voix, ou toutes les nombreuses petites choses que j’aimais beaucoup chez elle. Et de fait, toutes ces parts d’elle finissent par me revenir à l’esprit, dans un ordre variable selon les fois. Mais celui qui s’impose systématiquement en premier, c’est bien le rappel de sa peau.

Pour être plus précis, c’est la sensation de sa peau sous mes mains qui ressurgit. J’aimais tout particulièrement la caresser, faire glisser mes doigts sur son corps, l’explorer, ressentir les palpitations de son désir, de son excitation et de son abandon.

La caresser avant, pour sentir son attente, son besoin de moi. L’apprendre à l’aveugle, un peu plus chaque fois. Sourire, en sentant ses seins réagir si promptement, comme s’ils me reconnaissaient. Puis la saisir, m’accrocher à elle pour ne pas sombrer.

Sentir sa peau, dissimulés sous un drap, pour nous cacher de la lumière. Sa peau ruisselante, à la sortie du bain. Sa peau chauffée par le premier soleil printanier, à la terrasse d’un café.

Sa peau après, son corps à l’abandon, si moelleux, si réceptif, si doux, totalement livré à l’appétit de mes mains, à mon plaisir infini à la caresser lentement, encore et encore. Ces moments magiques où nous ne parlions pas, nous ne pensions rien. Où nous étions totalement emportés par nos sensations.

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On m’a déjà souvent dit que j’étais un garçon tactile. Mais ça n’a jamais été aussi vrai qu’avec elle.

Je ne peux pas vraiment dire que ça me manque. C’est juste que je n’ai rien oublié.

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Good Times – Chic, posted with vodpod

Et un an plus tard

mai 31, 2011 by

Aujourd’hui, ce blog a un an.

Un prophète – J. Audiard, posted with vodpod

Je ne peux pas dire que cela constitue un évènement en soit. Déjà, je n’ai jamais été très porté sur les anniversaires, même si j’aime bien parfois jouer le jeu, pour les autres. Constater cela ne provoque pas d’émotion particulière chez moi, et même le sourire ironique et moqueur de Gérard dans mon dos ne me fait ni chaud ni froid.

Mais il y a quand même un certain étonnement. Ce genre d’assiduité ne me ressemble pas trop d’ordinaire. Et au bout, voir ces 120 articles, ces 17 000 pages lues, ces 600 commentaires… Non pas que cela ait quoi que ce soit d’extraordinaire, au contraire. Mais à mes yeux, cela établit un certain contenu, une certaine réalité. Et me plonge dans une certaine perplexité aussi, pas désagréable au demeurant.

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Effet de nuit

mai 25, 2011 by

Looking Through Darkness – Guru, posted with vodpod

L’autre nuit, elle m’a demandé si j’étais heureux. Ca m’a fait sourire, mais nous étions dans le noir, alors elle ne l’a pas vu.

Ca m’a amusé parce que c’est une question rituelle chez elle. De temps à autres, elle a besoin de se rassurer, de vérifier que je vais bien, parce qu’elle ne sait pas toujours bien interpréter mes silences. Et moi, systématiquement, je la tranquillise. Je sais qu’elle en a besoin, qu’il y a une réelle angoisse chez elle derrière cette interpellation un peu trop gentille. Alors à chaque fois, quoi qu’il se passe dans ma tête et dans ma (mes) vie(s), je réplique par l’affirmative, avec conviction, je trouve les mots pour la sécuriser. A moins qu’elle ne fasse qu’accepter ma réponse par principe, en fait. C’est peut être là que réside le rituel après tout…

J’ai souri également parce que cette nuit là, j’étais particulièrement bien. La journée avait été fabuleuse, exclusivement consacrée à la vie de famille mais dans un déroulement presque parfait. Pas un instant je n’avais ressenti cette frustration si familière maintenant, ce sentiment un peu amère qu’il me manque quelque chose, qu’à surpondérer cette part là de ma vie, je passe à côté de quelque chose d’essentiel, qui m’est indispensable mais sur lequel je n’arrive pas vraiment à mettre le doigt. Non ce jour là, j’étais juste parfaitement heureux avec les miens, leur amour infini me suffisait, me comblait. Ils ne sont pas si fréquents ces moments où je me sens complètement à ma place, en parfaite harmonie avec moi-même.

Oui, à ce moment là, à cet instant précis où elle m’a posé la question j’étais vraiment heureux. Mais après le lui avoir dit, j’ai réalisé qu’elle ne pouvait pas le ressentir, que je ne pouvais pas partager ça avec elle. Pour elle, ma réponse était juste exactement la même que toutes les autres fois. J’ai réalisé qu’à vouloir lui cacher la laideur, je l’empêchais tout autant de discerner le beau. Qu’avec le temps, en cherchant à gommer toutes les aspérités, j’avais surtout réussi à lui fermer l’accès à des émotions essentielles qui m’animent, des sentiments qu’elle fait vivre en moi et qui constituent l’essence même de notre couple après plus de quinze ans.

Toutes ces réflexions ont fini par troubler et dissiper ces sensations de plénitude, qui m’habitaient encore quelques instants auparavant. C’est fragile le bonheur, il s’en va aussi vite qu’il est venu, sans qu’on comprenne bien exactement pourquoi, dans un cas comme dans l’autre. Je n’étais pas malheureux pour autant. Juste un peu seul. Et un peu triste. Mais nous étions dans le noir, alors elle ne l’a pas vu.

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Duke Ellington – Solitude, posted with vodpod

Vingt quatre fois la vérité par seconde (2)

mai 23, 2011 by

“Mon film n’est pas un film. Ce n’est pas
au sujet du Vietnam, c’est le Vietnam.”

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PREAMBULE
Il y a quelques temps de cela (enfin, un peu plus en fait), j’avais entrepris de parler un peu cinéma ici (prétexte comme un autre pour passer des extraits de films qui claquent). Et donc, tel un Msieur Eddy du pauvre, j’avais commencé à étaler quelques platitudes sur l’utilisation du plan séquence par les réalisateurs.
Le présent billet fait donc suite à celui qui avait été publié là :
Vingt quatre fois la vérité par seconde (1)

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Pris dans sa dimension purement technique, le plan séquence permet au cinéaste de faire étalage de sa maîtrise, voir même de sa virtuosité et, dans quelques cas, de son talent. Mais, comme le montre le plan d’ouverture de Touch of Evil, c’est surtout un moyen d’atteindre différemment le spectateur, en lui offrant une vision au plus proche de la réalité.

Cela touche à quelque chose qui a à voir avec le réalisme, même si la notion est plus que réductrice. Parce que, évidence des évidences, le regard humain ne connait pas de plans de coupe (encore qu’on peut toujours s’amuser à fermer les yeux et tourner la tête avant de les rouvrir) (mais franchement, même bourré, c’est assez limité comme jeu). Alors un plan séquence permet tout simplement de donner à voir ce que l’œil percevrait dans une situation réelle similaire (ou plutôt ce qui s’en rapproche le plus). En jouant sur le point de vue, le réalisateur peut ainsi accentuer l’effet recherché, l’émotion désirée, en plaçant le spectateur au cœur du film.

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All (women’s) Blues

mai 14, 2011 by

Hurt – Nine Inch Nails, posted with Vodpod.

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Il y a quelques temps, une femme m’a reproché de l’avoir fait moralement souffrir, parfois violemment. Pas plus tard qu’hier, on m’a dit que certains de mes mots étaient difficiles à lire. Auparavant, j’avais déjà entendu qu’ils pouvaient résonner lourdement… Soit, il se pourrait que je sois parfois un peu froid et dur dans les rapports amoureux. Je n’en suis pas particulièrement fier, je n’en tire aucune jouissance sadique, je ne recherche pas la fureur et la hargne. Mais je crois que j’ai également du mal à en être, sincèrement et outre-mesure, désolé.

Il y a un an de cela, ma vie était encore rythmée par l’onde de choc d’une rupture violente. Je recevais régulièrement dans ma boite mail le détail de tout le mal que je lui avais fait. C’était mon rocher de Sisyphe à moi, cela revenait périodiquement sous mes yeux, s’imposait à mon esprit au point de l’obscurcir totalement, me plongeant et me maintenant dans une espèce d’état dépressif vaguement glauque et principalement pleurnichard. Et bien évidemment, je répondais systématiquement, j’argumentais, je justifiais, j’expliquais, encore et encore… Ca a duré comme ça pendant près de 10 mois. Maintenant, avec le recul (et surtout grâce au regard sans concession d’une amie sur cette histoire), j’ai compris qu’elle ne faisait qu’utiliser le seul levier qui lui restait pour m’empêcher de me détourner définitivement  d’elle : la culpabilité (ceci étant, je ne suis pas parano au point de penser qu’elle le faisait sciemment).

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