Archive pour la catégorie ‘Rencontres’

Wire City

mars 23, 2011

Wire – U2, posted with vodpod
Hier soir, en sortant de l’épicerie en bas de chez moi, je me suis fait taper une clope et ma monnaie par le clochard qui squatte continuellement le banc situé devant l’étal de légumes. Comme à chaque fois. Je l’aime bien ce type, avec sa grosse barbe hirsute, sa gentillesse constante, son accent d’Europe de l’Est et ses yeux rieurs, carrément hilares en fait. Enfin, ça c’est quand on lui parle. Parce que sinon, son regard dans le vide exprime plutôt une mélancolie et une solitude infinies.

Il y a quelques temps, il m’a fait peur en disparaissant pendant quatre mois entiers. La dernière fois qu’il s’était effacé du paysage, cela avait duré beaucoup moins longtemps, mais il était revenu en boitant, avec le visage tuméfié de coups. A son retour, il n’avait pas voulu me raconter ce qui lui était arrivé. Et là aussi, il n’a rien voulu dire de ce qu’il avait fait pendant une si longue absence. Je n’ai bien évidemment jamais insisté. D’autant que je ne suis pas non plus du genre à fraterniser outre mesure avec les forçats de la cloche, eussent-ils une dégaine de Père Noël déchu…

Lui, il éveille quand même un brin de sympathie en moi. Et toujours un vague sentiment d’inquiétude aussi. Parce que ma ville est aussi un monstre, qui peut refermer ses mâchoires sur les gens comme lui, les briser et les déchiqueter. Lui, quand je le laisse derrière moi en continuant ma route, je ne peux m’empêcher de me rappeler qu’il a des airs d’archétype de victime. Lui et beaucoup d’autres en fait…

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Dazed and confused

novembre 2, 2010

Un jour, il y a eu cette étrange femme dans le bus.

Ce n’était pas exactement un jour comme les autres. Même pas un mauvais jour. Je ne me souviens plus exactement ce qui se jouait dans ma tête, mais je sais que j’étais d’humeur à décapiter un bébé labrador et à porter sa tête sanguinolente en pendentif autour de mon cou (je l’aurai vraiment fait si je n’avais pas été soucieux de ne pas tâcher chemise et cravate). C’était un jour sombre, j’étais totalement tourné vers l’intérieur de moi même, et ce que je voyais ne me plaisait pas. Un mélange de fureur et d’abattement. Je n’aurai voulu qu’une chose : pouvoir me retirer, qu’on m’oublie, ne plus exister, la paix, le néant. (Lire la suite…)

Babylon by bus

juillet 16, 2010

Le bus à Paris, c’est un peu la 4ème dimension. C’est fait pour les allergiques au métro (pas comme moi), ceux qui ne sont pas à la bourre (encore moins comme moi) et, souvent, pour ceux qui aiment bien se frotter aux autres (no comment). Prendre le bus, c’est toute une aventure, une vraie démarche philosophique, dans le sens où on livre son destin (bon d’accord, seulement un bout de sa journée… mais pour moi c’est déjà énorme) à des hasards et des incertitudes qui nous échappent totalement. Le bus, on ne sait jamais combien de temps on va l’attendre et on sait encore moins quand on arrivera à destination…

Bref, moi le bus, ça me rend dingue, en mode totalement hystérique. Personne ne sera plus surpris que ça si j’annonce que je prends le bus plusieurs fois par jour….

Mais il y a quand même des compensations. Et pas des minces… Par exemple, pendant plusieurs semaines j’ai eu le privilège de retrouver Uma Thurman, qui m’attendait chaque matin à mon arrêt de bus. Les autres voyageurs ne comprenaient pas pourquoi je restais systématiquement en dehors de l’abribus, même quand il pleuvait des seaux d’eau (les autres voyageurs sont souvent très cons, c’est une des lois fondamentales du trajet en bus).

Et, depuis quelques temps, il y a cette fille que je croise quasi quotidiennement le matin, cette fille dont la ressemblance avec Elisabeth Bourgine est tout bonnement hallucinante. Bon, quand elle surprend mes regards, elle se contente de sourire poliment avant de détourner les yeux (visiblement, mon sourire et ma parfaite imitation de Clark Gable la laissent totalement indifférente) (ce que je n’arrive vraiment pas à m’expliquer…).

Mais l’important n’est pas là. Je me contente tranquillement du charme de ces moments et des émotions qu’ils éveillent en moi. C’est assez troublant de commencer sa journée par un fantasme d’adolescent qui remonte à la surface…

Mais du coup, une idée en entrainant une autre, je me demande s’il est possible de trouver quelque part sur le net des films de boules cryptés exactement comme ceux de Canal dans les années 80…

(Je crois que je suis un garçon trop facilement sujet à la nostalgie..)

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Sexy Sadie – The Beatles, posted with vodpod


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