Archive pour la catégorie ‘Lovely Rita’

Sisyphe Got His Board

juin 22, 2011

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Acrobat – U2, posted with vodpod

Le nouveau Sisyphe pourrait être un surfeur qui attend la vague. Il supporte l’attente par le souvenir de l’excitation et des sensations passées. Il guette le frémissement à la surface de l’eau trop calme, qui annoncera le rouleau. Et avec lui l’adrénaline, le risque, la mise en danger, les tumultes à dompter. Et l’harmonie…. Harmonie provisoire, car elle n’existe qu’en mode alternatif, au gré de la répétition des rouleaux. Ce serait un Sisyphe condamné volontaire certes, mais je ne pense pas que cette nuance change grand-chose à l’affaire.

Un jour, lors d’un déjeuner houleux, alors que la discussion (et notre relation) étaient en train de dérailler, elle m’a jeté au visage un « de toute façon, dans 6 mois tu en seras toujours au même point ». Ca m’a profondément vexé, j’ai protesté et je me suis énervé. Au même point, pour elle, ça voulait seulement dire que je continuerai de détourner le regard de l’inertie de ma vie, pour m’enivrer de relations amoureuses sans cesse renouvelées. Aujourd’hui donc, 6 mois sont passés et mon sourire, à l’évocation de ce souvenir, est teinté d’une certaine amertume.

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Ces lieux hantés

avril 29, 2011

Johnny Cash – In My Life, posted with vodpod

A une époque de ma vie, je jouais le rôle de l’âme en peine. C’était une représentation à petit budget, pour un spectateur unique, que j’aimais saluer d’un hochement de tête quand nos regards se croisaient, dans les miroirs. J’étais très convaincant dans ce rôle, à moins que ce soit mon public qui ait été particulièrement ingénu… Toujours est-il que tout cela ressemblait diablement à la réalité.
(après, je me suis mis à écrire ici même, et m’est apparu que je n’étais finalement pas si crédible que ça dans ce rôle… mais peu importe, ce n’est pas le propos du moment)

Quand on est une âme solitaire, enfermé dans un carcan de valeurs judéo-chrétiennes, il est tellement facile de se croire damné, obligé de s’ébrouer éternellement autours du triptyque faute-châtiment-repentance. Et puis avec le temps, une certaine lassitude a fini par gagner l’acteur et le spectateur et la représentation a changé de nature. Mais, il n’y a encore pas si longtemps donc, j’aimais vivre en me flagellant de mes fautes passées, de mes erreurs et de mes regrets. Et tout était prétexte à me les rappeler, à me replonger dans une expiation amère.

Certains diraient que je vivais avec mes fantômes, mais je suis un garçon cartésien et je ne crois pas aux fantômes. Par contre, je crois sérieusement aux lieux hantés. Ces endroits chargés du passé, de nos souvenirs, mais surtout de sensations bien particulières, comme s’ils étaient imprégnés ad vitam de l’atmosphère que nous y avons-nous même créé à un moment bien précis. Ces lieux dans lesquels je me laissais submerger par mes tourments.

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Tout doucement, sans faire de bruit

avril 9, 2011

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I´ve seen that face before (libertango) – Grace Jones , posted with vodpod

Hier, sur une terrasse ensoleillée, un verre de rosé et une belle surprise. En fait, je n’avais rien à faire dans ce quartier là, que je n’aime même pas en plus, non je suis vraiment incapable de me souvenir comment j’ai atterri là. Et puis je suis tombé sur elle, elle avec qui les liens se sont plus que distendus ces dernières semaines (de mon fait, essentiellement, en ce moment je suis du genre négligeant associal), elle que je voulais justement relancer et revoir. Elle surtout qui ne passe qu’occasionnellement dans ce quartier, mais jamais à ce moment là. Le mauvais endroit, le mauvais moment, mais la bonne personne. Il n’y a pas de hasard. Nous en avons souri, évidemment, tellement nous avons déjà fait ce constat ensemble, à de multiples reprises…

En attendant, rendez-vous pris, bientôt, nous avons pu bénéficier d’un préambule de dix minutes. Passé la surprise et l’étonnement, un naturel qui se réinstalle progressivement et, de mon côté, une parole qui se libère, des mots qui sortent facilement (aucune corrélation, bien évidemment, avec le fait que je retrouve le besoin d’écrire sur mon blog aujourd’hui). Et une phrase que je lâche comme ça, sans y accorder d’importance sur le moment : “Je réalise  à quel point la vie de Sam Lowry a pris de l’importance en moi. Si je devais arrêter demain, j’en serai infiniment malheureux” .

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Le Carnet

janvier 17, 2011

Un jour où nous discutions tranquillement du fait que je devais changer de boulot, elle a pris la chose très au sérieux. Et elle m’a posé la question : que veux-tu devenir ? quel rôle veux-tu surpondérer dans ta vie ?

Fichtre, me suis-je dit.

J’aurai bien tenté de me réfugier derrière des arguments raisonnables, en rapport avec mon âge avancé, ou le genre de père que j’ai envie d’être pour mes enfants. Mais elle a détricoté gentiment tout cela, avant même que je ne tente de l’exprimer.

Soit, ai-je pensé.

Alors j’ai écouté. J’ai fait le vide, je me suis dégagé de tout à priori et j’ai reçu ce qu’elle avait à me dire. Les questions se sont multipliées. Des plus désuètes (quels étaient tes rêves d’enfant ?), aux plus saugrenues (si tu pouvais tout entreprendre, avec la certitude que cela réussirait, que ferais-tu ?), en passant par les plus pertinentes (qu’est ce qui te rend le plus insatisfait aujourd’hui ?) et les plus vaches (quelle part de toi-même as-tu laissée en route ?).

Oh la la, me suis-je exclamé.

Mais elle m’a expliqué que le but n’était pas que je lui réponde. Qu’il me suffisait juste de prendre quelques minutes par jour pour y penser et coucher dans un petit carnet les réponses qui me viennent le plus naturellement à l’esprit. Ensuite, au bout de quelques semaines, je pourrai relire, noter les répétitions, les évidences. Et ne plus me voiler la face, pour voir ce qu’il y a au fond de moi, au-delà des apparences, au-delà des rôles que je me suis attribués, au-delà de ce que je projette des attentes des autres à mon égard. Au-delà de la peur, aussi…

D’accord, ai-je répondu.

J’étais sincère, la proposition me plaisait. C’était il y a deux mois. Et puis rien…

Mais l’autre jour, dans cette sympathique libraire de la rue Marx Dormoy, j’ai fini par l’acheter ce carnet. Tant qu’à faire, j’ai pris un Moleskine. Rouge (je ne pouvais pas le prendre bleu, à cause de Paul Auster…).

Et plus tard dans l’après midi, au moment d’y apposer mes premiers mots, je me suis aperçu que j’avais omis d’acheter également un beau stylo, du genre qui rend l’écriture agréable, qui donne du plaisir à le tenir entre les doigts et à s’en servir. L’outil indispensable, de fait, pour l’exercice auquel je voulais me livrer…

Dommage.

J’ai failli tout remettre à plus tard, et faire de cette seconde acquisition une condition sine qua non de mon devenir. Et puis finalement, j’ai pris mon Bic tout pourri et mâchouillé et je me suis lancé.

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Gimme Some Truth – John Lennon, posted with vodpod

Life on January

janvier 13, 2011

Alors c’est ainsi ? C’est ça la nouvelle année ? Tous ces vœux, ce bonheur déclamé, ces feux d’artifice, cet intérêt factice et forcé pour les autres, tout ça pour ça ? Bon, je me plains pour le principe, histoire de me maintenir en forme. Pas un instant je n’avais imaginé que quoi que ce soit puisse réellement changer pour une simple histoire de calendrier.

De fait, ce matin, je n’étais ni surpris ni déçu en partant et en laissant derrière moi une épouse aigrie et refusant de passer outre notre dispute de la veille (la soirée s’annonce des plus délicieuses). Je pourrai également parler de mes petits vampires d’enfants, de mon boulot qui m’emmerde et où je végète, de mon incapacité à en chercher un autre… Tout cela n’a pas grand intérêt, même pour moi (c’est dire). En fait, la vie suit son cours, assez normalement qui plus est. Il n’y a pas grand-chose à raconter là-dessus.

Mais, janvier a beau être un mois qui sent le moisi, il se passe toujours deux trois petites choses. Des petits riens qui constituent quand même des surprises.

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La vie sans aile

décembre 20, 2010

 

Diamonds On The Inside – Ben Harper, posted with vodpod

Considérer que ma vie a basculé dans la tragédie serait un énorme mensonge.

Non, où que porte mon regard tout est exactement pareil. Et exactement à sa place. Je sors (brillamment) de fortes perturbations et pressions professionnelles. Je rentre (allègrement) dans la période des fêtes-de-famille-de-fin-d-année. Et j’ai sous le coude les deux listes d’usage à cette époque de l’année (celle des bonnes résolutions et celle des choses que je me souhaite pour la prochaine année). Les apparences sont merveilleusement et admirablement sauves. J’aurai presque envie d’y croire (presque).

En fait, il s’agit plus, beaucoup plus que de simples apparences, mais cette nuance n’a pour le moment, ici, aucune importance…

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Comme un surfeur sans ses vagues

décembre 10, 2010

C’est une toute petite place dans Paris, un peu à l’écart du monde. Même pas une place en fait, juste un croisement de rues. Un endroit charmant, isolé, loin de l’agitation, où le temps n’a pas l’air de s’écouler exactement de la même façon…. Le lieu un peu magique et idéal pour un amour caché, j’imagine. Et puis il y a ce petit restaurant, amène et chaleureux, avec ses quiches et son Bourgueil à bonne température… Tout était réuni pour en faire notre coin. En fait, je crois également que l’un comme l’autre, nous avions envie d’installer certains rituels entre nous. Alors ce petit restau, nous nous y sommes retrouvés un bon nombre de fois. A chaque fois que nous le pouvions, enfin surtout moi…

Elle, elle arrive toujours par le même escalier, immense, qui monte jusque là. Moi, j’emprunte une petite rue qui y mène. Deux itinéraires distincts pour arriver au même endroit et se retrouver. Partager un moment de vie, un repas, du vin, une discussion, des rires, des baisers, des caresses, des regards… Avant de se quitter, difficilement, plus tard, devant le restaurant. Longue séparation, moment intense, condensé de réalité, où nous nous laissons submerger par les sentiments. Et que chacun reparte ensuite par son itinéraire à lui.

Sur cette petite place il y a un autre escalier, qui part de là pour monter encore plus haut. Je me suis toujours dit que cet escalier, un jour, nous le gravirions ensemble. Oui, je le pensais sincèrement et je me disais que ce serait véritablement un joli symbole.

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Aujourd’hui, notre déjeuner ne s’est pas déroulé comme prévu. Il se pourrait qu’à un moment les choses nous aient échappé. En y repensant maintenant, j’ai du mal à comprendre exactement ce qui s’est passé, comment cela a pu arriver.

Quelque part, je n’arrive pas à y croire. Pourtant, tout à l’heure, en la regardant descendre et disparaître, une certitude s’est imposée à moi. Celle que nous ne monterons jamais ce grand escalier ensemble.

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Mais ce n’est pas exactement le plus lourd de mes regrets.

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Shampoo – Elvis Perkins in Dearland, posted with vodpod

Humeur (ce monde ne peut plus rien contre nous)

novembre 24, 2010

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The Fly (Zoo Tv Tour) – U2, posted with vodpod

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Dans l’équation sociale l’individu figure à la fois le zéro et l’infini.

(Arthur Koestler - Le Yogi et le Commissaire)

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Moonlight Drive (it’s our turn to try…)

novembre 18, 2010

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Mean Streets – Martin Scorsese, posted with vodpod

 

Peu après, j’étais au lit, mais je n’ai pu fermer l’oeil. Je regardais mon avenir, cherchant à découvrir pour quelle raison et pour qui je pourrais persévérer dans mes efforts de devenir meilleur.

Italo Svevo – La Conscience de Zeno

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L’idée est simple : il s’agit de convenir qu’une question (qui ?) peut avoir PLUSIEURS réponses.

Admettre cela, c’est accepter qu’il y a plusieurs chemins possibles. Et qu’ils ne sont pas forcément antagonistes. Parce que chacun d’entre eux apporte sa part de réponse.

C’est comprendre qu’il peut y avoir plusieurs vies à vivre. Et qu’elles peuvent se compléter, en toute harmonie.

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Toutes ces existences possibles peuvent également rentrer en conflit les unes avec les autres, bien sûr. Se chevaucher, générer le chaos… Il est nécessaire de regarder les choses avec lucidité. C’est une question d’honnêteté avec soit même. De dialogue, d’écoute. Il y a des fils à tirer… Et c’est par ce type d’introspection qu’on réalise qu’il n’y a en fait aucune malédiction à reproduire perpétuellement les mêmes erreurs.

Quoi qu’il en soit, il reste toujours une part d’incertitude, de doute, de questionnement, de risque. Heureusement….

 

Mais “non” n’est pas en soit la bonne réponse, sous prétexte qu’elle est la plus rassurante, celle qui permet de préserver sa tranquillité, de ne rien remettre en question.

Notting Hill – R. Michell, posted with vodpod

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Il y a la vie, qui offre parfois des bonheurs inespérés. Il y a toutes ces vies, comme autant de possibilités et de choix complémentaires. Et cet appétit de vivre, qui ne me quitte plus maintenant.

En fait, voilà, je ne pourrais exprimer les choses plus simplement qu’en disant que je me sens vivant. Sans doute parce que je le suis réellement, un peu plus chaque jour…

Your love gest sweeter – Finley Quaye, posted with vodpod
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(je crois que je n’ai plus peur maintenant)

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Humeur (après les mots)

novembre 6, 2010

Son sourire,
Sa peau,
Ses jambes,
Sa peau,
Ses cheveux,
Sa peau,
Ses seins,
Ses lèvres,
Ses yeux,
Ses mains,
Son cou,
Ses fesses,
Sa langue,
Ses larmes

Et sa peau.

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(Il se pourrait que mon caractère obsessionnel trouve là un terrain à sa mesure….)

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M – Sous ta peau, posted with vodpod



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