Archive pour la catégorie ‘Family Affair’

Effet de nuit

mai 25, 2011

Looking Through Darkness – Guru, posted with vodpod

L’autre nuit, elle m’a demandé si j’étais heureux. Ca m’a fait sourire, mais nous étions dans le noir, alors elle ne l’a pas vu.

Ca m’a amusé parce que c’est une question rituelle chez elle. De temps à autres, elle a besoin de se rassurer, de vérifier que je vais bien, parce qu’elle ne sait pas toujours bien interpréter mes silences. Et moi, systématiquement, je la tranquillise. Je sais qu’elle en a besoin, qu’il y a une réelle angoisse chez elle derrière cette interpellation un peu trop gentille. Alors à chaque fois, quoi qu’il se passe dans ma tête et dans ma (mes) vie(s), je réplique par l’affirmative, avec conviction, je trouve les mots pour la sécuriser. A moins qu’elle ne fasse qu’accepter ma réponse par principe, en fait. C’est peut être là que réside le rituel après tout…

J’ai souri également parce que cette nuit là, j’étais particulièrement bien. La journée avait été fabuleuse, exclusivement consacrée à la vie de famille mais dans un déroulement presque parfait. Pas un instant je n’avais ressenti cette frustration si familière maintenant, ce sentiment un peu amère qu’il me manque quelque chose, qu’à surpondérer cette part là de ma vie, je passe à côté de quelque chose d’essentiel, qui m’est indispensable mais sur lequel je n’arrive pas vraiment à mettre le doigt. Non ce jour là, j’étais juste parfaitement heureux avec les miens, leur amour infini me suffisait, me comblait. Ils ne sont pas si fréquents ces moments où je me sens complètement à ma place, en parfaite harmonie avec moi-même.

Oui, à ce moment là, à cet instant précis où elle m’a posé la question j’étais vraiment heureux. Mais après le lui avoir dit, j’ai réalisé qu’elle ne pouvait pas le ressentir, que je ne pouvais pas partager ça avec elle. Pour elle, ma réponse était juste exactement la même que toutes les autres fois. J’ai réalisé qu’à vouloir lui cacher la laideur, je l’empêchais tout autant de discerner le beau. Qu’avec le temps, en cherchant à gommer toutes les aspérités, j’avais surtout réussi à lui fermer l’accès à des émotions essentielles qui m’animent, des sentiments qu’elle fait vivre en moi et qui constituent l’essence même de notre couple après plus de quinze ans.

Toutes ces réflexions ont fini par troubler et dissiper ces sensations de plénitude, qui m’habitaient encore quelques instants auparavant. C’est fragile le bonheur, il s’en va aussi vite qu’il est venu, sans qu’on comprenne bien exactement pourquoi, dans un cas comme dans l’autre. Je n’étais pas malheureux pour autant. Juste un peu seul. Et un peu triste. Mais nous étions dans le noir, alors elle ne l’a pas vu.

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Duke Ellington – Solitude, posted with vodpod

Life on January

janvier 13, 2011

Alors c’est ainsi ? C’est ça la nouvelle année ? Tous ces vœux, ce bonheur déclamé, ces feux d’artifice, cet intérêt factice et forcé pour les autres, tout ça pour ça ? Bon, je me plains pour le principe, histoire de me maintenir en forme. Pas un instant je n’avais imaginé que quoi que ce soit puisse réellement changer pour une simple histoire de calendrier.

De fait, ce matin, je n’étais ni surpris ni déçu en partant et en laissant derrière moi une épouse aigrie et refusant de passer outre notre dispute de la veille (la soirée s’annonce des plus délicieuses). Je pourrai également parler de mes petits vampires d’enfants, de mon boulot qui m’emmerde et où je végète, de mon incapacité à en chercher un autre… Tout cela n’a pas grand intérêt, même pour moi (c’est dire). En fait, la vie suit son cours, assez normalement qui plus est. Il n’y a pas grand-chose à raconter là-dessus.

Mais, janvier a beau être un mois qui sent le moisi, il se passe toujours deux trois petites choses. Des petits riens qui constituent quand même des surprises.

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Secrets and Lies

janvier 5, 2011

Dans toutes les familles (beaucoup en tout cas… enfin je crois), il y a des suicidés. Un parent, plus ou moins éloigné, qu’on a peut être même connu, mais le plus souvent, non… Bref, dans quantité de foyers, il y a une histoire de pendu, de noyé volontaire, de forçat du grand saut, de stakhanoviste du doigt sur la détente….

Moi, il s’agit de mon arrière grand-mère…. Un jour où elle n’en pouvait plus, une fois où tout lui paraissait plus insupportable que d’habitude (ou peut être pas en fait… peut être était ce justement un jour comme tous les autres), elle s’est laissée tomber dans un trou, au fond du jardin…. Laissant derrière elle un mari , labouré par la Guerre de 14, et deux enfants, de 2 et 5 ans….

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Soy un perdedor

novembre 21, 2010

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Raw Power – Iggy Pop, posted with vodpod

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Toutes choses égales par ailleurs, une communication rendue impossible ne peut déboucher que sur de la violence.

Cette évidence ne pourrait suffire à me rassurer. Toutes les causes ne sont pas extérieures à moi même.

Je sais très bien ce qui vient de s’exprimer. Cette fureur, cette méchanceté, ce mépris, cet abandon à la colère… La férocité de la parole, la brutalité des mots, tout cela a toujours fait partie de moi. Avais-je vraiment réussi à l’oublier ou avais-je trop détourné les yeux de cette part de moi même ?

Le fait que je sois à ce point sorti de moi même, perdant tout contrôle devant mes enfants, est tout sauf anecdotique. Au-delà de la profonde honte qui m’afflige depuis.

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Et cette première cigarette depuis deux mois, infernallement délicieuse, ne me réconforte même pas. L’amertume qu’elle distille dans ma bouche ressemble assez exactement à l’idée que je me fais du goût de l’échec…

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Naked – M. Leigh, posted with vodpod

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(Il se pourrait que le chemin soit en réalité un peu plus long que ce que j’avais initialement considéré…)


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