Archive pour la catégorie ‘3615 Job’

Papa don’t take no mess

mars 17, 2011

Et donc, je continue d’écrire régulièrement dans mon Carnet. Pas de manière très assidue certes, mais quand même, j’y reviens de temps à autres. Le côté ludique de l’exercice s’est peu à peu dissipé, laissant place à une routine tranquille et confortable. A une certaine perplexité aussi. Bon, la démarche n’a jamais été censée produire de résultat probant et concret, mais je me demande juste si je prends réellement les choses par le bon bout.

Réfléchir comme si un univers infini de possibles m’était offert est en soit amusant. Justement parce qu’il est à peu prêt entendu que je ne deviendrai jamais Rédacteur en chef du journal Spirou, qu’il y a peu de chances maintenant que je gagne un jour Roland Garros et qu’il est assez improbable que j’ai l’occasion de remercier Eddy Mitchell et Gérard Jourd’hui le jour où on me remettra un Oscar. Soit. Non, la gêne provient plutôt du fait que j’ai du mal à fixer les priorités, à réfléchir hors contexte, sans considérer dans le même temps le prix des choses. Sonder mon devenir professionnel revient à demander ce que j’ai envie d’accomplir, non pas d’un point de vue productif, mais juste en terme de réalisation et d’accomplissement humains. Or parallèlement j’ai du mal à faire comme si, à détourner le regard de toutes ces choses auxquelles il me faudra(it) renoncer.

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Le Carnet

janvier 17, 2011

Un jour où nous discutions tranquillement du fait que je devais changer de boulot, elle a pris la chose très au sérieux. Et elle m’a posé la question : que veux-tu devenir ? quel rôle veux-tu surpondérer dans ta vie ?

Fichtre, me suis-je dit.

J’aurai bien tenté de me réfugier derrière des arguments raisonnables, en rapport avec mon âge avancé, ou le genre de père que j’ai envie d’être pour mes enfants. Mais elle a détricoté gentiment tout cela, avant même que je ne tente de l’exprimer.

Soit, ai-je pensé.

Alors j’ai écouté. J’ai fait le vide, je me suis dégagé de tout à priori et j’ai reçu ce qu’elle avait à me dire. Les questions se sont multipliées. Des plus désuètes (quels étaient tes rêves d’enfant ?), aux plus saugrenues (si tu pouvais tout entreprendre, avec la certitude que cela réussirait, que ferais-tu ?), en passant par les plus pertinentes (qu’est ce qui te rend le plus insatisfait aujourd’hui ?) et les plus vaches (quelle part de toi-même as-tu laissée en route ?).

Oh la la, me suis-je exclamé.

Mais elle m’a expliqué que le but n’était pas que je lui réponde. Qu’il me suffisait juste de prendre quelques minutes par jour pour y penser et coucher dans un petit carnet les réponses qui me viennent le plus naturellement à l’esprit. Ensuite, au bout de quelques semaines, je pourrai relire, noter les répétitions, les évidences. Et ne plus me voiler la face, pour voir ce qu’il y a au fond de moi, au-delà des apparences, au-delà des rôles que je me suis attribués, au-delà de ce que je projette des attentes des autres à mon égard. Au-delà de la peur, aussi…

D’accord, ai-je répondu.

J’étais sincère, la proposition me plaisait. C’était il y a deux mois. Et puis rien…

Mais l’autre jour, dans cette sympathique libraire de la rue Marx Dormoy, j’ai fini par l’acheter ce carnet. Tant qu’à faire, j’ai pris un Moleskine. Rouge (je ne pouvais pas le prendre bleu, à cause de Paul Auster…).

Et plus tard dans l’après midi, au moment d’y apposer mes premiers mots, je me suis aperçu que j’avais omis d’acheter également un beau stylo, du genre qui rend l’écriture agréable, qui donne du plaisir à le tenir entre les doigts et à s’en servir. L’outil indispensable, de fait, pour l’exercice auquel je voulais me livrer…

Dommage.

J’ai failli tout remettre à plus tard, et faire de cette seconde acquisition une condition sine qua non de mon devenir. Et puis finalement, j’ai pris mon Bic tout pourri et mâchouillé et je me suis lancé.

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Gimme Some Truth – John Lennon, posted with vodpod

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