Et donc, je continue d’écrire régulièrement dans mon Carnet. Pas de manière très assidue certes, mais quand même, j’y reviens de temps à autres. Le côté ludique de l’exercice s’est peu à peu dissipé, laissant place à une routine tranquille et confortable. A une certaine perplexité aussi. Bon, la démarche n’a jamais été censée produire de résultat probant et concret, mais je me demande juste si je prends réellement les choses par le bon bout.
Réfléchir comme si un univers infini de possibles m’était offert est en soit amusant. Justement parce qu’il est à peu prêt entendu que je ne deviendrai jamais Rédacteur en chef du journal Spirou, qu’il y a peu de chances maintenant que je gagne un jour Roland Garros et qu’il est assez improbable que j’ai l’occasion de remercier Eddy Mitchell et Gérard Jourd’hui le jour où on me remettra un Oscar. Soit. Non, la gêne provient plutôt du fait que j’ai du mal à fixer les priorités, à réfléchir hors contexte, sans considérer dans le même temps le prix des choses. Sonder mon devenir professionnel revient à demander ce que j’ai envie d’accomplir, non pas d’un point de vue productif, mais juste en terme de réalisation et d’accomplissement humains. Or parallèlement j’ai du mal à faire comme si, à détourner le regard de toutes ces choses auxquelles il me faudra(it) renoncer.


