Brand New Cadillac

février 1, 2012 by

Le Retour de Gérard Lambert – Renaud, posted with vodpod

Au départ, mettre un terme à ce blog devait me permettre de passer à autre chose (voir même plusieurs). Cette fin devait marquer une certaine rupture, tant dans mon esprit que dans les faits. L’idée générale était simplement de pouvoir me libérer l’esprit, cesser de regarder continuellement  ma vie à travers ce prisme là, mais aussi me donner du temps disponible pour m’investir ailleurs. Et donc, au final, me lancer dans quelques projets que j’avais à coeur, mais que je repoussais continuellement depuis des années.

Près de six mois après, le bilan n’est pas très probant. Tant dans les faits que dans ma manière de voir les choses. J’ai bien évidemment une multitude d’explications et de circonstances atténuantes. Des excuses même, si on m’en demandait ! Il n’en restera pas moins qu’arrêter ce blog n’aura été finalement qu’une simple histoire d’évitement de ma part. Mais, trouver de nobles justifications à ce qui n’était en fait qu’une pure esquive, ne manque pas tellement de cohérence avec l’homme que je suis devenu au fil des dernières années. Lire la suite »

Plus rien ne s’oppose à la nuit

juillet 30, 2011 by

(The Talented Mr. Lowry – 4ème partie)

1ère partie
2ème partie
3ème partie 

Jeff Buckley – “Last Goodbye”, posted with vodpod

Quand il était enfant, la fenêtre de sa chambre donnait sur l’immense et magnifique saule pleureur, planté au milieu du jardin de ce pavillon de banlieue. Au fil des années, il avait développé un lien particulier avec cet arbre gigantesque, il pouvait passer des heures à le regarder (de fait, c’était un peu la seule vue qui lui était offerte, tant il était immense). Et puis un jour, ses parents avaient décidé de couper l’arbre, pour laisser rentrer la lumière dans la maison. Ca lui avait fait une peine immense, le sentiment de perte avait été terrible, il en avait même pleuré… Sam Lowry marchait dans la nuit noire, laissant son bar derrière lui. Il était parti sans se retourner et maintenant il pensait à son arbre. Et surtout il se disait qu’à la réflexion, cette disparition lui avait peut être aussi, surtout, ouvert l’horizon, lui donnant à voir bien au-delà de son seul jardin. Visiblement, il avait quand même besoin de se raccrocher à des pensées rassurantes…

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Ni dieu, ni diable

juillet 29, 2011 by

(The Talented Mr. Lowry – 3ème partie)

1ère partie
2ème partie

Seventeen Seconds – The Cure, posted with vodpod

J’enfilai mon manteau en regardant Gérard nous servir deux petits verres de Bowmore (douze ans d’âge, quand même). Nous trinquâmes silencieusement et ce n’est qu’après la première gorgée qu’il m’annonça qu’il était temps de nous dire au revoir.

« Ne sois pas surpris, me lança t’il, je t’ai plusieurs fois mis en garde. Malgré toute l’affection que je te porte, tu es devenu profondément ennuyeux pour quelqu’un comme moi. La petite représentation de ce soir ne visait qu’à t’ouvrir les yeux, mais tu as fait ce chemin là tout seul. Tes pas t’y amènent depuis un petit moment déjà. Alors arrête de faire semblant et de raconter des histoires, à toi même comme à ceux qui veulent bien t’écouter. En vérité, tu n’as plus rien à faire ici… »
Et à ce moment là, son sourire n’exprimait aucune chaleur.

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L’écume des bières (ou la mousse des jours)

juillet 27, 2011 by

(The Talented Mr. Lowry – 2ème partie)

1ère partie

Portishead – Sour Times, posted with vodpod

Je regardais attentivement cette tête disgracieuse qui venait de m’interpeller. Il me disait bien quelque chose ce vieux type, mais ça ne pouvait être lui, sa présence en ce lieu aurait été pour le moins incongrue. Et soudain, je compris. Je regardai Gérard et lui demandai : « Jean-Sol Partre, hein ? ». Il opina doucement du chef, avec un sourire malicieux. Avec une moue un peu dubitative, je me rassis sur mon tabouret pour écouter le philosophe de bistro.

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Vingt quatre fois la vérité par seconde (3)

juillet 25, 2011 by

“Gagner du temps au cinéma, c’est la vertu essentielle. Un
montage rapide et des fondus enchaînés d’une scène à l’autre
constituent la dynamique de la technique cinématographique.”

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1ère partie
2ème partie

Bon. Reprenons (et clôturons) cette histoire de plan séquence. D’abord avec un des sommets du genre, comme ça, sans raison, juste parce qu’on ne peut pas vivre sans l’avoir vu (oui, j’ai deux ou trois arguments pour m’auto-proclamer Dictateur du Bon Goût) :

YouTube – The Player opening scene, posted with vodpod

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Valse avec Baden

juillet 20, 2011 by

(The Talented Mr. Lowry – 1ère partie)

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In Pursuit of Happiness – The Divine Comedy, posted with vodpod

Il y a ce bar, dans lequel j’ai mes habitudes depuis plusieurs mois, un peu plus d’un an en fait. C’est un endroit comme je les aime, pas vraiment chaleureux, mais où il fait bon se poser. Il y a des habitués, que j’ai plaisir à retrouver, des gens de passage, d’autres qui disparaissent et réapparaissent un jour et même certains avec qui j’ai développé suffisamment de liens pour les voir en dehors. Ce bar, je m’y sens un peu comme chez moi. Ce soir là, c’était mon ami Gérard qui officiait derrière le zinc, autant dire qu’on était entre gens de bonne compagnie. Et moi, perché sur mon tabouret haut je méditais tranquillement tout en scrutant le fond de ma pinte, comme si des réponses allaient soudainement y apparaître. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé exactement, si j’étais ivre ou seulement fatigué, toujours est il que mon bras a glissé du comptoir et je suis tombé lourdement sur le sol. Un vieil homme que je n’avais pas remarqué s’est penché pour m’aider à me relever. Il était rigolo ce type, avec son uniforme de scout. En même temps, quand on rencontre Baden Powell, on imagine mal qu’il puisse être habillé autrement.

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Le couteau (2ème partie)

juillet 18, 2011 by

Burning from the inside – Bauhaus, posted with vodpod
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Le couteau (1ère partie)
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La suite a été des plus confuses. Il y a comme un voile blanc sur mes souvenirs. C’est un cri qui m’a finalement fait sortir du brouillard cotonneux qui m’enveloppait. Je ne sais pas comment je suis monté dans ce bus, mais j’étais bien là, avec cette vieille mégère devant moi, qui hurlait en me regardant, les yeux exorbités. Peut être était ce à cause de tout ce sang, sur mon visage et sur ma chemise. Ou juste à cause de mon couteau, que je tenais toujours à la main. Non je ne comprenais pas ce que je faisais là, mais peu m’importait, il y avait juste ce hurlement strident qui me sciait le crâne en deux. Mais quand la lame s’est enfoncé dans le ventre flasque de cette femme, le cri s’est transformé en gargouillement, puis en râle et ma tête a cessé de me faire mal.

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Déprimaire

juillet 14, 2011 by

‪Aux Armes Et Caetera – S. Gainsbourg‬‏, posted with vodpod

J’en veux un peu à mes camarades socialistes. Ces primaires auraient du être l’occasion d’autre chose, d’une dynamique unitaire inédite, d’un véritable élan collectif à gauche. Sans doute les responsabilités sont elles partagées. Mais ça aurait quand même valu la peine d’essayer… N’en reste pas moins une campagne à mener et, d’abord, un candidat à désigner.

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L’allégorie des Madeleines file…

juillet 11, 2011 by

… à la vitesse de Prost (MC Solaar)

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The Bunker‬‏ – ‪Beirut, posted with vodpod

En réalité, voilà l’homme pris au piège qu’il a lui-même créé. Décidant de faire un enfant, il était tout à la joie de recréer la mère. Il a pensé à tout, à la maison, au berceau, aux fleurs et aux bijoux, mais en rien à son père. Il ne peut donc ni savoir ni penser que la façon dont il s’abîme dans son travail, envers et contre toutes les scènes que lui fait sa femme, est, en fait, motivée par l’impérieux et tenace désir de prendre et de tenir solidement en main le relais de son père. Or, maintenant, conscient de ses devoirs, il ne peut ni remettre en cause la revendication maternelle (…), ni renoncer, comme elle semble le lui demander, à assurer sa place de père dans le social.

Et l’enfant créa le Père – Didier Dumas (Hachette, 2000)

J’ai lu ce livre il y a quelques années déjà, juste après la naissance de mon fils pour être exact. De fait, on ne pourra pas dire que je n’avais pas été prévenu. On peut aussi en conclure qu’il y a des livres qui méritent d’être relus périodiquement, juste comme ça, par précaution, pour être sûr de n’avoir rien oublié. Même si avoir plus ou moins conscience des mécanismes en action ne change pas forcément le cours des choses…

Il y a peu, je me suis présenté à quelqu’un en me définissant comme « un homme de devoirs ». Certes, la formule est assez ridicule et en l’employant je cherchais justement à exagérer et à grossir le trait, pourtant elle effleure assez justement une certaine vision des choses chez moi. Aussi, les sarcasmes que j’ai reçus en retour ne m’ont que moyennement plu.

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Le couteau (1ère partie)

juillet 1, 2011 by

‪The West Wing (S2-08)‬‏, posted with vodpod

Par principe, j’ai toujours refusé de m’attacher aux objets. Je suis le genre de type capable de sortir au 1er degré des phrases aussi puissantes que : « nan moi tu vois quoi, c’est l’humain qui m’intéresse ». Par ailleurs, la vie donne suffisamment d’occasions à mon âme de Caliméro de verser sa larme pour qu’en plus je ne me mette pas à pleurnicher parce que tel machin s’est cassé ou que j’ai perdu tel bidule. Enfin, je suis un enfant de la fin des 30 glorieuses, le gaspillage est comme une religion pour moi, je consomme, je jette, je remplace… et on ne s’attache pas au périssable. Moi qui suis épris de sens jusqu’au ridicule, je n’en trouve aucun dans l’acquisition ou la possession.

Mais comme toute bonne règle, celle-ci a une exception notable : mon couteau de cuisine.

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